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Festival national de chorales
organisé par HANDIVOIX

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Choeur National enregistrement La Marseilleise

Choeur National
Handivoix

35 choristes sous la direction
de Vincent Rouyer

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Vincent Rouyer - Chef de Choeur

Handivoix
Formation

Vincent ROUYER, formateur
et Directeur pédagogique

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Les échos...au fil du temps...

Délégué
Récit d'une belle histoire...celle d'Handivoix.
Retrouvez la nouvelle rubrique "La belle histoire d'Handivoix" dont j'ai été autant le témoin que l'acteur, dans un tourbillon d'événements et d'émotions que je viens ici partager avec vous.
Pour cette reprise d'activité du site, je vous propose de revenir sur les 5 1ers articles qui ont été écrits avant l'interruption d'activité liée au covid 19.

Août 1999 - Après sa création faite de rencontres et de circonstances, Handivoix est créée par Joël Le Toullec, entouré de quelques amis bénévoles en Août 1999.

Alors un long chemin commence...il nous raconte le chemin parcouru, les embûches, les écueils, les déceptions, les échecs...mais surtout les nombreux succès, jalonnés d'anecdoctes émouvantes, enthousiasmantes ou savoureuses.

Tout commence un jour de février 1999. 
Inspiré par le talent exceptionnel de Michel Petrucciani, célèbre pianiste de jazz et cherchant à organiser un concert de musiciens handicapés, les circonstances me conduisent à franchir les portes d'un foyer de vie à Evreux dont l'animatrice d'un groupe de chant, m'avait-on dit, pourrais m'aider dans ma réflexion.

Rendez-vous pris, j'arrivais dans une salle du sous-sol. Après avoir poussé la porte, une trentaine de personnes en situation de handicap étaient rassemblées autour d'elle. Elle tentait, en donnant de la voix, d'entraîner son auditoire avec à la main un petit livre de chant.

Après m'être présenté, celle-ci n'ayant pas grand chose à m'apporter concernant mon projet, me propose alors de faire chanter le groupe. Quelle fût ma surprise, n'étant jamais été chef de choeur et alors que rien ne laissait penser que j'étais moi-même choriste au sein d'un ensemble vocal ?

Constitués de personnes en fauteuil roulant avec des handicaps très divers: hémiplégies, traumas crâniens, sclérose en plaques, IMC, aphasies, myopathies...les membres du groupe chantaient comme ils pouvaient. Avec des voix souvent éteintes, étouffées, enroués. On devinait des traitements médicamenteux plus ou moins conséquents, des corps empêchés où l'énergie semblait chargée de lourdeurs physiques et psychiques.

Mais bon sang, que faisais-je là ? Me dis-je ! Et pourtant...Et pourtant...

Je n'avais nullement l'intention  de donner suite à cette proposition. Pour y couper cours, je leur proposais de me chanter une chanson de leur choix, avec l'intention secrète de les planter là, m'en allant poursuivre ma quête ailleurs.
Ils me chantèrent "Tous les garçons et les filles" de Françoise Hardy. Les voix étaient dissonnantes, ils chantaient faux, les tempis "en vrac" et devant ce fracas de sons informes j'aurais dû alors les remercier et tourner les talons pour retourner à mes occupations.

Ce n'est pas ce qui s'est passé. Car derrière ce brouhaha, je percevais quelque chose d'indicible.
Il s'émanait des chanteurs d'un jour, du frétillement dans les yeux, des éclats de vie et d'espérance d'aller plus loin. J'entendais du fond des êtres, un frémissement de joie et de vie sur les visages.
Et, de leur regard tendus vers moi, je comprenais comme le désir de poursuivre avec eux une aventure naissante et sortie du hasard.

C'était un mercredi du mois de février 1999. Je savais que je reviendrai.


Création de la 1ère chorale... A chacun sa place...
Après cette rencontre avec le groupe de chant du foyer d'Evreux, je décidais de poursuivre "l'expérience". Aussi, le mercredi suivant, m'inspirant de mon propre vécu de choriste, je proposais au groupe de créer une chorale.
Je commençais par des auditions individuelles pour entendre chacune de leur voix et leur proposer de constituer, selon leur tessiture, les "pupîtres".
Avec l'émotion de l'exercice pas forcément facile pour certain d'entr'eux, je leur proposais de me chanter quelques notes, do mi sol mi do, en faisant "la, la la la la". La situation provoquait beaucoup d'émotion chez les chanteurs, mais bon gré mal gré, chacun se prêtait à l'exercice avec une certaine appréhension, mais également  une certaine excitation.
Ainsi les voix m'étaient données comme un cadeau tant les moments étaient émouvants et particuliers pour chacun d'entre eux.
Une fois l'exercice achevé je savais qu'en dépit de ce que j'entendais, mon appréciation devait être positive et encourageante. Aussi je remerciais et complimentais le chanteur ou la chanteuse et lui ajoutais "toi, tu es ténor ou soprane", "alto ou baryton. Et selon cette approximation je leur demandais de rejoindre tel ou tel groupe de voix, dessinnant ce qui deviendra les pupîtres.
Je sentais combien cette "qualification" était vécue comme flateuse et valorisante. 

Alors que je leur indiquais la place qui était la leur au sein de leur pupître, se constituait peu à peu la chorale pour laquelle, je leur proposais de décider d'un nom.

Le répertoire...comme toutes les chorales du monde...
J'expliquais qu'une chorale n'existe que pour créer un répertoire constitué d'un programme de chants pour, un jour, le chanter devant un public.
Etant une chorale comme toutes les chorales du monde, notre objectif serait le même. Il nous fallait donc choisir les chants que nous allions mettre à notre répertoire.
Il fallait pour cela, tenir compte des difficultés du groupe: mémoire fragile, lecture difficile, énergie défaillante, difficultés motrices, respiratoires, visuelles.... Je décidais d'aller vers des chants déjà connus par les choristes.

Après plusieurs propositions venant du groupe et ayant testé dicrètement la connaissance des mélodies et des textes retenues, je leur proposais de retenir: La maladie d'amour de Michel Sardou, Tous les garçons et les filles de Françoise Hardy, Le Pénitencie de Johnny Halliday et l'eau vive de Guy Béart auquel je proposais d'ajouter Jolie bouteille de Greame Allwright.

Je cherchais la simplicité en terme de mélodie et de rythme, de texte à mémoriser et à prononcer, car je souhaitais que la dynamique du groupe soit rapidement nourrie du plaisir de chanter ensemble sur scène devant le public. Constatant qu'au delà de 15 à 20 minutes de chant, l'énergie des choristes s'affaiblissait et que la qualité des chants interprétés en souffrait, je voulais maintenir le plus possible une qualité vocale du groupe, évidemment altérée par les problématiques liées aux handicaps.

En effet, il nous fallait tenir compte  de cette spécificité du groupe qui nous invitaient à travailler davantage la mémoire, la prononciation, la justesse, l'articulation, le "chanter ensemble" et le souffle.

Si, bien entendu, comme pour toutes les chorales du monde, chaque répétition commençait par des vocalises d'échauffement, il nous fallait davantage travailler ces points importants avec des voix et des corps, empêchés, perturbés par le handicap.
Mais dès le début, la règle était annoncée. Certe nous sommes handicapés, mais comme toutes les chorales du monde, nous allons travailler pour donner le meilleur de nous mêmes.

1ère exigence
à travailler La Posture. 
Nous étions cette fois, réunis pour la 1ère répétition de ce qui est devenue la chorale du foyer. L'objectif était donc de travailler un répertoire pour le présenter en concert, sur scène devant un public.

Les choristes disposés devant moi en pupître avec beaucoup de sérieux, j'expliquais l'importance de la posture et celle de la respiration pour mettre sa voix dans les meilleures conditions pour chanter.
Après avoir expliqué succintement la notion de "colonne d'air", je leur demandais de se redresser. Cette "exigence" prenait un sens particulier pour des personnes dont le corps et la psyché sous l'influence de médicaments et d'un vécu lourd, se laissaient aller amollis sur eux-même, tordus par le handicap ou la maladie. Leur préoccupation n'était pas vraiment de se tenir droit, de tenir leur ceinture abdominale et de laisser tomber les épaules, ce que je leur demandais de faire.

Aussi, nous prenions le temps de nous redresser, de poser les pieds sur le sol, de retenir le ventre. Nous prenions le temps de faire ces exercicez le mieux possible pour que chacun puisse se concentrer autant que possible vers le meilleur de ce qu'il peut donner et accomplir. Il nous fallait, en effet, du temps pour prendre en compte la réalité que le handicap laisse aux corps et au mental pour atteindre parfois l'innaccessible.

Puis vient le temps des exercices de respiration, les exercices de détente, les vocalises. Exercices classiques pour un choriste, mais qui prend une autre coloration quand le handicap impose ses contraintes et ses limites, sans jamais renoncer.

Les 2 ou 3 premières répétitions prenaient beaucoup de temps préalable au chant. Un véritable temps "dynamique" chargée d'énergie positive tant pour le corps que pour le mental. Et chaque fois chacun des choristes s'investissait dans l'effort à fournir, pris dans une dynamique collective riche et prometteuse.

Une fois notre rythme de croisière adopté, nous consacrions 10 minutes à cette préparation saine et énergisante avant de travailler notre répertoire.

Fin juin, le 1er concert en public
Nous sommes au début du mois de juin et nous nous préparons à vivre notre 1er concert prévu fin juin au sein du foyer.
En effet la chorale est devenue un événement dans l'institution. Plusieurs résidents du foyer sont venus grossir ses rangs. Elle faisait parler d'elle et nourrissait les commentaires et la curiosité au sein des résidents mais également au sein du personnel. Régulièrement nous avions la visite discrète de membres du personnels éducatifs, administratifs, de l'entretien ou des cuisines, curieux de voir ce qui s'y passait.

Le concert prévu était un véritable événement dans l'institution et les familles étaient largement invitées au 1er concert de la chorale.

Pour cela, la salle de restaurant avait été réquisitionnée et une scène avait été aménagée et décorée.

Un costume de scène avait été décidé et les familles ou les personnels du foyer s'étaient désignés pour s'en charger. Pour notre part, afin d'être au mieux de notre prestation, nous travaillions l'entrée sur scène du groupe, le salut aux applaudissements et la sortie de scène ordonnée. Bref...de vrais pros!

L'effervescence liée au projet de concert était déjà un formidable récompense pour les choristes.

Le jour venu, le concert se déroula parfaitement. Le public constitué du personnel de l'institution et des familles applaudissaient très  chaleureusement les choristes qui méritaient bien la reconnaissance de leur investissement.

Chanter en public mets en jeux plusieurs dimensions de la personne. Celles-ci touchent à l'intime de l'être où, au sein d'un groupe se jouent des questions fondamentales telles que le regard de l'autre ou d'ordre psycho-affectif, comme dans toutes les dynamiques de groupe, la relation avec le chef de choeur faite d'autorité et d'affection, les interrelations avec les autres choristes comme on peut les trouver dans n'importe quel corps groupal, avec ses problématiques liées à l'affectif et au pouvoir.
Il ne s'agit pas de tomber dans une théorisation excessive. Un chef de choeur ne peut et ne doit pas remplacer les professionnels médico-sociaux et médico-éducatif.
Il peut cependant être important de pouvoir interpréter des comportements relevant de ces problématiques et qui viendraient empêcher la personne d'être en harmonie avec les autres choristes, le but étant qu'elle profite pleinement du plaisir de chanter et des bienfaits de l'activité chorale.

J'apprends alors que le chef de choeur Handivoix n'est pas là pour servir une ambition artistique uniquement et parfois personnelle. Mais il doit donner la priorité à l'épanouissement de la personne en situation de handicap et l'accompagner vers le meilleur d'elle-même au travers du chant choral, quelle que soit la nature de son handicap.

La naissance du 1er réseau de chorales de personnes handicapées.
Alors que la chorale prenait des vacances pour reprendre en septembre sa 2ème saison, j'avais décidé de présenter le projet à d'autres structures médico-sociales afin de constituer un petit réseau de chorales en vue d'organiser des rencontres inter-chorales.

Ainsi en septembre une chorale naissait en Yvelines, 2 chorales au Havre et 2 chorales à Paris, toujours au sein de structures médico-sociales.


Ce texte est disponible ici jusqu'à début 2021. Joël Le Toullec reprendra alors la narration de cette "Belle histoire d'Handivoix". 






Délégué
Merci à nos délégués au FEZTIVOIX en FRANCE.

C'est sur eux que repose le succès de ce festival national des chorales Handivoix. 2019 sera la 14ème édition. Chacun y va de sa générosité mais aussi de sa disponibilité et de sa créativité en amenant des idées et des projets qui font que chacun des Feztivoix est différent.

Que ce soit à Villepreux (78), à Dieppe (76), à Valensole (04), à Cannes ou encore à Mâcon (71) ou ailleurs, nos délégués s'attachent à mettre en place des projets propre à leur ville, leur département ou leur région. Ils font de chacun des Feztivoix un maillage d'évenements originaux et vivants quI font la "MARQUE" du festival national.

Inscrit dans l'organisation du Feztivoix en France en complémentarité avec la fédératio, cette dynamique, est une richesse et une originalité que nous voulons favoriser et développer.

La rencontre annuelle des délégués au Feztivoix en france est le lieu d'échanges de partages de ces projets locaux. Cette année encore, elle n'a pas pu avoir lieu pour des raisons budgétaires, Handivoix devant faire face, comme de très nombreuses associations, à la suppression drastique des subventions publiques et privés.

Bien entendu, nous oeuvrons pour mettre en place les moyens de poursuivre et nos délégués au Feztivoix en France peuvent compter sur notre équipe fédérale pour y parvenir. 

MERCI ENCORE A NOS DELEGUES!